Je me souviens ? Les jeunes scolarisés et le passé du Québec

L’article ci-joint (très court) vient de paraître dans la revue en ligne The Conversation:

https://theconversation.com/je-me-souviens-les-jeunes-scolarises-et-le-passe-du-quebec-66063

Il reprend certains constats, mais en les exprimant de manière plus directe et peut-être plus provocante, énoncés dans la conclusion du livre que je viens de publier avec Françoise Lantheaume (Le récit du commun. L’histoire nationale racontée par les élèves, Lyon, Presses de l’Université de Lyon, 2016).

Le récit du commun

 

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Atelier: Identité, mémoire et récits de la jeunesse québécoise et franco-ontarienne / 15 novembre @CRCCF @uOttawa

jocelyn-letourneau

Message transmis par Françoise Lantheaume : Le Monde a sélectionné notre livre parmi les 4 ouvrages que « Le Monde qualifie d' »une sélection des ouvrages qui vont compter »

 

Cette semaine on se remonte le moral avec un essai anti-déclinisme où des élèves nous raconte l’histoire de France.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/10/20/essais-recit-bd-quatre-livres-pour-ce-week-end-et-au-dela_5016808_3260.html#xjcw0xcsjPlCLrhz.99

Écho du livre Lantheaume-Létourneau dans Le Monde des livres, Le Figaro, BMFTV et L’OBS

Les jeunes Français méconnaîtraient l’histoire de France. Pire, ils apprendraient à l’école à en avoir honte, ressassent depuis des années les adeptes du déclinisme. L’élection présidentielle approchant, la polémique est relancée à droite.

Dans leur course à la primaire, plusieurs candidats en appellent au retour du « récit national » en classe, à une célébration du passé glorieux de la France et de ses héros dont ils déplorent le prétendu oubli, sinon le dénigrement, dans les programmes scolaires. Il s’agirait de lutter contre le délitement du sentiment d’appartenance nationale, favorisé selon eux par l’école.

A ces discours alarmistes, la recherche vient d’apporter un démenti. Non seulement les élèves connaissent l’histoire de France et en partagent un récit commun, mais ils en ont une vision laïque, optimiste et empreinte de fierté. C’est ce que montre Le Récit du commun, un ouvrage collectif sous la direction d’une spécialiste française des sciences de l’éducation, Françoise Lantheaume, et d’un historien canadien, Jocelyn Létourneau. Y sont exposés les résultats d’une vaste enquête – lancée en 2011-2012 dans quatre pays européens, dont la France – visant à évaluer ce que les jeunes retiennent du passé national.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/10/20/l-histoire-de-france-sans-nuances-des-jeunes_5016813_3260.html

Si, pour la majorité des élèves, la Gaule apparaît comme point de départ de l’histoire de France, beaucoup d’autres commencent au premier roi des Francs, à Hugues Capet, voire au XVIIe siècle. L’origine de leur histoire n’est donc pas si évidente. Limite de cette étude, elle ne s’est pas attachée à la précision des connaissances des élèves. « Il y a des connaissances, mais aussi beaucoup d’erreurs et de fantaisie, avec l’association de Zidane à la Révolution, par exemple, en lycée professionnel!» note Françoise Lantheaume.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/10/17/01016-20161017ARTFIG00314-les-jeunes-francais-fiers-de-leur-histoire.php

La fierté de l’Histoire de France, c’est d’abord une question de dorures pour Nadia, en 4ème, qui se dit séduite par Louis XIV: « C’est mon roi préféré. J’aime bien son surnom de Roi Soleil ». De Louis XIV à Louis XVI, il n’y a qu’un siècle. Une période que Rémy porte dans son cœur: « La prise de la Bastille, c’est important. Les pauvres n’avaient pas les mêmes égalités que les riches. S’il n’y avait pas eu cet événement, aujourd’hui on n’en serait pas là ».

http://rmc.bfmtv.com/emission/les-jeunes-francais-fiers-de-l-histoire-de-leur-pays-ca-les-fait-rever-1047988.html

Au panthéon des personnages les plus cités figurent, dans l’ordre, Louis XIV (1.320 occurrences), Napoléon, Charlemagne, Louis XVI, Clovis, De Gaulle, Hitler et… Nicolas Sarkozy. L’enquête s’est déroulée fin 2011 début 2012, pendant la campagne présidentielle, « et les enfants vivent dans le présent », note la chercheuse.

Au-delà de ces figures reviennent souvent « les paysans » et « les aristocrates ». Mais les groupes les plus fréquents sont « le peuple », « les Français », « les rois » (« tous les Louis », écrit un élève), « les femmes » et « les Allemands ».

Loin d’une histoire marquée par la culpabilisation, comme l’affirment certains responsables politiques, la France est souvent présentée comme victime, notamment au XXe siècle.

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20161013.AFP9619/education-quand-les-petits-francais-racontent-l-histoire-de-leur-pays.html

« ce roman national est tout à fait en place dans la tête des jeunes Français. »

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De l’intérêt (en France) des recherches semblables à celles que je mène au Québec…

dans Libération du 8 octobre :

« Les chercheurs se sont fait conter l’histoire nationale par 6 600 jeunes de 11 à 19 ans. Cette étude, d’une ampleur inédite, coordonnée par le laboratoire Education, Cultures, Politiques (ECP) de l’université Lyon-II, montre que le roman national existe bel et bien. Et il est aussi vivace, que progressiste. Les valeurs républicaines en constituent la trame narrative. L’enquête a été menée en métropole mais aussi à la Réunion, puis en Suisse, en Allemagne et en Catalogne. »

– sur Médiapart :

« C’est un ouvrage inédit. Le fruit de quatre années d’enquête à partir de près de 7000 récits d’élèves de 11 à 18 ans. Et les résultats devraient permettre de ne plus spéculer ni sur le roman national ni sur les (mé)connaissances des élèves. Du moins si l’on fait pacte de bonne foi. »

– entretien au « Café pédagogique » :

« Les jeunes Français ont-ils tout désappris de leur histoire nationale ? Ignorent-ils les Grands Hommes ? Partagent-ils encore une mythologie (un roman) nationale ?  Françoise Lantheaume et Jocelyn Letourneau ont réuni une équipe de spécialistes pour dépouiller une énorme enquête réalisée auprès de 7000 élèves âgés de 11 à 19 ans. Les résultats sont surprenants. Un siècle plus tard, Lavisse n’est pas mort. Napoléon fait encore vibrer..«