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« Les résultats de cette enquête ont été publiés dans l’ouvrage Le Récit du commun : l’histoire nationale racontée par les élèves, sous la direction de Françoise Lantheaume et Jocelyn Létourneau, avec une contribution de Laurence De Cock, paru aux Presses universitaires de Lyon en octobre 2016. Des résultats qui vont à rebours des clichés véhiculés sur l’Histoire de France »

Je me souviens ? Les jeunes scolarisés et le passé du Québec

L’article ci-joint (très court) vient de paraître dans la revue en ligne The Conversation:

https://theconversation.com/je-me-souviens-les-jeunes-scolarises-et-le-passe-du-quebec-66063

Il reprend certains constats, mais en les exprimant de manière plus directe et peut-être plus provocante, énoncés dans la conclusion du livre que je viens de publier avec Françoise Lantheaume (Le récit du commun. L’histoire nationale racontée par les élèves, Lyon, Presses de l’Université de Lyon, 2016).

Message transmis par Françoise Lantheaume : Le Monde a sélectionné notre livre parmi les 4 ouvrages que « Le Monde qualifie d' »une sélection des ouvrages qui vont compter »

 

Cette semaine on se remonte le moral avec un essai anti-déclinisme où des élèves nous raconte l’histoire de France.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/10/20/essais-recit-bd-quatre-livres-pour-ce-week-end-et-au-dela_5016808_3260.html#xjcw0xcsjPlCLrhz.99

Écho du livre Lantheaume-Létourneau dans Le Monde des livres, Le Figaro, BMFTV et L’OBS

Les jeunes Français méconnaîtraient l’histoire de France. Pire, ils apprendraient à l’école à en avoir honte, ressassent depuis des années les adeptes du déclinisme. L’élection présidentielle approchant, la polémique est relancée à droite.

Dans leur course à la primaire, plusieurs candidats en appellent au retour du « récit national » en classe, à une célébration du passé glorieux de la France et de ses héros dont ils déplorent le prétendu oubli, sinon le dénigrement, dans les programmes scolaires. Il s’agirait de lutter contre le délitement du sentiment d’appartenance nationale, favorisé selon eux par l’école.

A ces discours alarmistes, la recherche vient d’apporter un démenti. Non seulement les élèves connaissent l’histoire de France et en partagent un récit commun, mais ils en ont une vision laïque, optimiste et empreinte de fierté. C’est ce que montre Le Récit du commun, un ouvrage collectif sous la direction d’une spécialiste française des sciences de l’éducation, Françoise Lantheaume, et d’un historien canadien, Jocelyn Létourneau. Y sont exposés les résultats d’une vaste enquête – lancée en 2011-2012 dans quatre pays européens, dont la France – visant à évaluer ce que les jeunes retiennent du passé national.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/10/20/l-histoire-de-france-sans-nuances-des-jeunes_5016813_3260.html

Si, pour la majorité des élèves, la Gaule apparaît comme point de départ de l’histoire de France, beaucoup d’autres commencent au premier roi des Francs, à Hugues Capet, voire au XVIIe siècle. L’origine de leur histoire n’est donc pas si évidente. Limite de cette étude, elle ne s’est pas attachée à la précision des connaissances des élèves. « Il y a des connaissances, mais aussi beaucoup d’erreurs et de fantaisie, avec l’association de Zidane à la Révolution, par exemple, en lycée professionnel!» note Françoise Lantheaume.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/10/17/01016-20161017ARTFIG00314-les-jeunes-francais-fiers-de-leur-histoire.php

La fierté de l’Histoire de France, c’est d’abord une question de dorures pour Nadia, en 4ème, qui se dit séduite par Louis XIV: « C’est mon roi préféré. J’aime bien son surnom de Roi Soleil ». De Louis XIV à Louis XVI, il n’y a qu’un siècle. Une période que Rémy porte dans son cœur: « La prise de la Bastille, c’est important. Les pauvres n’avaient pas les mêmes égalités que les riches. S’il n’y avait pas eu cet événement, aujourd’hui on n’en serait pas là ».

http://rmc.bfmtv.com/emission/les-jeunes-francais-fiers-de-l-histoire-de-leur-pays-ca-les-fait-rever-1047988.html

Au panthéon des personnages les plus cités figurent, dans l’ordre, Louis XIV (1.320 occurrences), Napoléon, Charlemagne, Louis XVI, Clovis, De Gaulle, Hitler et… Nicolas Sarkozy. L’enquête s’est déroulée fin 2011 début 2012, pendant la campagne présidentielle, « et les enfants vivent dans le présent », note la chercheuse.

Au-delà de ces figures reviennent souvent « les paysans » et « les aristocrates ». Mais les groupes les plus fréquents sont « le peuple », « les Français », « les rois » (« tous les Louis », écrit un élève), « les femmes » et « les Allemands ».

Loin d’une histoire marquée par la culpabilisation, comme l’affirment certains responsables politiques, la France est souvent présentée comme victime, notamment au XXe siècle.

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20161013.AFP9619/education-quand-les-petits-francais-racontent-l-histoire-de-leur-pays.html

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À paraître en octobre, possiblement pour les Rendez-vous de l’histoire à Blois

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Le récit du commun: l’histoire nationale racontée par les élèves, ouvrage à paraître sous la direction de Françoise Lantheaume et Jocelyn Létourneau.

Cet ouvrage collectif présente les résultats d’une enquête internationale menée auprès d’environ 7 000 élèves âgés de 11 à 19 ans, à qui il a été demandé de raconter l’histoire nationale. Des élèves français, suisses, catalans, allemands ont répondu à un questionnaire et raconté librement « leur » histoire nationale.

Contre les idées reçues d’un manque de connaissances historiques et de l’absence de tout récit commun, l’enquête dévoile des formes de narration, des organisateurs du récit et des contenus partagés, une véritable trame commune. L’analyse de ces formes et contenus précise leurs points forts, mais aussi les absences ou les spécificités nationales, et montre comment les savoirs scolaires coexistent avec d’autres sources de connaissances.

Sont étudiées en particulier les places respectives et les fonctions du politique, de la religion, de la guerre, dans ces récits qui témoignent d’un imaginaire national. Un effet « territorial » est enfin mis en valeur, à la fois moins important que prévu en France et significatif à l’échelle des pays.

Sensibles au contexte, ces récits sont la manifestation juvénile d’une conscience historique en formation, qui s’exprime selon des formes inédites.

Françoise Lantheaume est professeur des universités en sciences de l’éducation à l’Université Lumière Lyon 2 et directrice du laboratoire Éducation, cultures, politiques. Elle étudie l’enseignement de questions scientifiquement et politiquement controversées (colonisation, religions) et le processus de traduction des réformes éducatives jusqu’à la classe.

Jocelyn Létourneau est chercheur au CELAT et professeur d’histoire à l’Université Laval, à Québec. Membre de la Société royale du Canada, il a été boursier de l’Institute for Advanced Study (Princeton), boursier Fulbright à UC-Berkeley, boursier du Collegium de Lyon et chercheur invité à l’Institut d’éducation de University College London. Ses travaux portent sur la conscience historique des jeunes et sur les rapports entre histoire, mémoire et identité.