Archives de Tag: Histoire

Parution de « S’intégrer à une nation passe-t-il par l’assimilation de son récit historique? Réflexion à partir du cas québécois »

On dit souvent que connaître l’histoire d’une nation aide à s’intégrer à cette nation. Pour cette raison, on estime qu’il y aurait lieu d’enseigner davantage l’histoire du Québec aux jeunes Québécois issus de l’immigration pour favoriser leur intégration à la nation québécoise. Mais sait-on vraiment ce que ces jeunes en particulier savent de l’histoire du Québec ? Le présent article tire profit d’une vaste enquête menée sur le rapport des jeunes Québécois à l’histoire du Québec pour approfondir la question. Fort de leurs trouvailles, les auteurs abordent ensuite directement le problème posé par le titre de leur article : peut- on effectivement soutenir que les jeunes Québécois issus de l’immigration s’intégreraient mieux à la nation québécoise s’ils en connaissaient l’histoire (en admettant qu’ils ne la connaissent pas, ce que ce texte remet en cause)?

Pour lire l’article.

Galerie

@ Montréal le 1er Mars

Cette galerie contient 2 photos.

Écho du livre Lantheaume-Létourneau dans Le Monde des livres, Le Figaro, BMFTV et L’OBS

Les jeunes Français méconnaîtraient l’histoire de France. Pire, ils apprendraient à l’école à en avoir honte, ressassent depuis des années les adeptes du déclinisme. L’élection présidentielle approchant, la polémique est relancée à droite.

Dans leur course à la primaire, plusieurs candidats en appellent au retour du « récit national » en classe, à une célébration du passé glorieux de la France et de ses héros dont ils déplorent le prétendu oubli, sinon le dénigrement, dans les programmes scolaires. Il s’agirait de lutter contre le délitement du sentiment d’appartenance nationale, favorisé selon eux par l’école.

A ces discours alarmistes, la recherche vient d’apporter un démenti. Non seulement les élèves connaissent l’histoire de France et en partagent un récit commun, mais ils en ont une vision laïque, optimiste et empreinte de fierté. C’est ce que montre Le Récit du commun, un ouvrage collectif sous la direction d’une spécialiste française des sciences de l’éducation, Françoise Lantheaume, et d’un historien canadien, Jocelyn Létourneau. Y sont exposés les résultats d’une vaste enquête – lancée en 2011-2012 dans quatre pays européens, dont la France – visant à évaluer ce que les jeunes retiennent du passé national.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/10/20/l-histoire-de-france-sans-nuances-des-jeunes_5016813_3260.html

Si, pour la majorité des élèves, la Gaule apparaît comme point de départ de l’histoire de France, beaucoup d’autres commencent au premier roi des Francs, à Hugues Capet, voire au XVIIe siècle. L’origine de leur histoire n’est donc pas si évidente. Limite de cette étude, elle ne s’est pas attachée à la précision des connaissances des élèves. « Il y a des connaissances, mais aussi beaucoup d’erreurs et de fantaisie, avec l’association de Zidane à la Révolution, par exemple, en lycée professionnel!» note Françoise Lantheaume.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/10/17/01016-20161017ARTFIG00314-les-jeunes-francais-fiers-de-leur-histoire.php

La fierté de l’Histoire de France, c’est d’abord une question de dorures pour Nadia, en 4ème, qui se dit séduite par Louis XIV: « C’est mon roi préféré. J’aime bien son surnom de Roi Soleil ». De Louis XIV à Louis XVI, il n’y a qu’un siècle. Une période que Rémy porte dans son cœur: « La prise de la Bastille, c’est important. Les pauvres n’avaient pas les mêmes égalités que les riches. S’il n’y avait pas eu cet événement, aujourd’hui on n’en serait pas là ».

http://rmc.bfmtv.com/emission/les-jeunes-francais-fiers-de-l-histoire-de-leur-pays-ca-les-fait-rever-1047988.html

Au panthéon des personnages les plus cités figurent, dans l’ordre, Louis XIV (1.320 occurrences), Napoléon, Charlemagne, Louis XVI, Clovis, De Gaulle, Hitler et… Nicolas Sarkozy. L’enquête s’est déroulée fin 2011 début 2012, pendant la campagne présidentielle, « et les enfants vivent dans le présent », note la chercheuse.

Au-delà de ces figures reviennent souvent « les paysans » et « les aristocrates ». Mais les groupes les plus fréquents sont « le peuple », « les Français », « les rois » (« tous les Louis », écrit un élève), « les femmes » et « les Allemands ».

Loin d’une histoire marquée par la culpabilisation, comme l’affirment certains responsables politiques, la France est souvent présentée comme victime, notamment au XXe siècle.

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20161013.AFP9619/education-quand-les-petits-francais-racontent-l-histoire-de-leur-pays.html

Faca à face @ Canal Savoir le 17 mai

« Le premier épisode abordera le thème « Le Québec a-t-il échappé à son destin? », avec Jacques Beauchemin(professeur de sociologie à l’UQAM) et Jocelyn Létourneau (professeur d’histoire à l’Université Laval). »

@ Marseille | 1, 2, 3 octobre 2015

Colloque : L’histoire dans l’espace public. Producteurs, pratiques, transmissions entre Atlantique et Méditerranée

Colloque : L’histoire dans l’espace public. Producteurs, pratiques, transmissions entre Atlantique et Méditerranée

Un Québec qui coule? À lire Jacques Beauchemin…

À lire Jacques Beauchemin (Le Devoir, 8 juin 2015), on a l’impression que le Québec est au bord du gouffre ; que notre société est marquée par l’insouciance face à son destin ; et que son avenir est lié à l’élection d’un homme désireux de la sortir enfin de ses hésitations devant l’Histoire.

Le pessimisme du sociologue et sa foi envers Pierre-Karl Péladeau appellent réserve.

SOCIÉTÉ EN MARCHE

Depuis longtemps existe au Québec le désir de faire société distincte, voire celui de faire nation reconnue. Ce désir et cette idée ne sont pas prêts de mourir. Il s’agit de constantes de l’expérience historique québécoise. Si une large majorité de Québécois – toutes origines ethniques confondues – reconnaissent la spécificité de leur société et veulent continuer à la construire comme telle, ils ne s’entendent pas sur le moyen d’y parvenir. Ce n’est pas parce qu’ils sont aliénés, indécis ou craintifs que les Québécois boudent l’indépendance. Ils n’optent pas pour ce projet parce qu’ils restent prudents devant le brillant des idéalismes de droite ou de gauche, devant le tapage des dogmatismes de la tradition ou de la refondation, et devant le lustre des programmes qui promettent mer et monde. La culture politique québécoise se conjugue depuis un bon moment au temps du progressisme conservateur, du pragmatisme libéral et du réformisme tranquille. Rien n’indique que la génération montante rompra avec ces (p)références que les boomers ont aussi mis au cœur de leur démarche d’avancement. On oublie vite que les deux mantras qui ont marqué le Québec des 50 dernières années sont ceux de «révolution tranquille» et de «souveraineté-association».

La jeunesse québécoise, celle qui a déjà commencé à mener le Québec, n’est pas en porte-à-faux par rapport à l’idée de perpétuer une culture historique qui assume désormais sa diversité. Comme les jeunesses qui l’ont précédé, elle entend toutefois, par le biais d’une action naturelle ou volontaire, actualiser cette culture de manière à lui donner du souffle pour passer à l’avenir. En leur temps, les Parizeau et Lévesque, Gérin-Lajoie et Lesage, et d’autres encore, n’ont pas fait différemment qui ont entrepris de moderniser les institutions québécoises pour assurer la prospérité d’une société et d’une culture. La jeunesse d’ici n’est pas en voie de saper les fondements du Québec et d’en jouer le destin au casino de l’universel. Elle est en train de renouveler les formes de cette société pour permettre aux cultures qui l’habitent de réussir – en français d’abord ou en français aussi – dans un monde d’interdépendances et de multiplicité.

PENSÉE FANÉE

S’il y a crise au Québec, c’est celle d’une certaine pensée nationaliste qui perçoit l’expérience de cette société sur le mode de l’inaccomplissement collectif et du contentement abruti ; qui, à l’égard des Québécois, éprouve de la pitié, parfois du mépris, à les voir s’enliser dans la facilité matérielle et le manque de discernement politique ; et qui braille sur l’horizon sans espoir d’une nation apparemment engourdie dans sa patience séculaire et son ambivalence joyeuse.

C’est cette pensée pleureuse que bien des Québécois, pragmatistes et non millénaristes, n’entendent plus parce qu’elle les ennuie, parce qu’ils n’y croient pas ou parce qu’elle est sans lien avec la réalité du Québec d’aujourd’hui. Entre les essayistes nationalistes et la société sur laquelle ils s’épanchent, il existe un écart grandissant.

À cet égard, il faut s’inquiéter du fait que Pierre-Karl Péladeau, par qui l’avenir du Québec passera ou cassera selon Jacques Beauchemin, trouve mobile à son engagement politique dans l’histoire dramatique de la nation. À l’occasion de la Fête des patriotes, il déclarait sans ambages : «Dieu sait si les commentateurs sont nombreux à nous reprocher de parler de notre histoire, de parler de la bataille des Plaines d’Abraham, de parler du Traité de Paris. Pourtant, c’est ce qui nous motive encore aujourd’hui à continuer à nous battre.»

Jacques Parizeau ne s’embêtait pas de pareilles réminiscences, qui affirmait en 1990 : «La force du Québec est suffisante pour qu’il puisse laisser dormir dans les placards tous les vieux squelettes du passé. L’avenir s’ouvre devant lui, et il est si excitant qu’il relègue aux oubliettes toutes les brimades et les conflits d’antan.»

C’est ce discours positif qu’écouteront éventuellement les Québécois – qui n’ont pas du tout éliminé l’idée de souveraineté de leur main. S’ils choisissaient l’indépendance, ce serait toutefois en concordance avec leur culture politique acquise, c’est-à-dire : pas à n’importe quel prix, avec de solides garanties de succès, de manière graduelle, pacifiquement, sans geste unilatéral et sans rupture complète avec la situation existante – toutes attentes que M. Parizeau sous-estimait chez les siens ou refusait d’endosser pour eux.

Rien n’est sur le point de périr au Québec. Au contraire, tout reste ouvert.

@ Québec ce samedi au Morrin Center

Rencontres ambiguës. relations entre anglophones et francophones au Québec.

9 h – 10 h30 LES CONSTRUCTIONS DE LA MÉMOIRE ET DE L’HISTOIRE DES RELATIONS ENTRE ANGLOPHONES ET FRANCOPHONES / MEMORIAL AND HISTORICAL CONSTRUCTIONS OF ANGLOPHONE-FRANCOPHONE RELATIONS

Sur Facebook : Rencontres ambiguës: relations entre anglophones et francophones au Québec