Archives de Tag: Jeunes

Conférence le 29 mai @ Toronto

Quelle compréhension avons-nous du passé du Canada et du Québec et comment cette compréhension façonne-t-elle nos relations et nos identités? Les Canadiens de divers horizons, jeunes et moins jeunes, entretiennent-ils des perceptions différentes de l’histoire? À l’heure où le pays célèbre ses 150 ans d’existence, rejoignez Jocelyn Létourneau, professeur d’histoire à l’Université Laval et lauréat 2006 de la Fondation Pierre Elliott Trudeau et Andréanne LeBrun, doctorante en histoire à l’Université de Sherbrooke et boursière Trudeau 2015, pour discuter de la diversité des regards sur le passé et des défis et potentialités qu’ils comportent pour l’avenir.

Quelle compréhension avons-nous du passé du Canada et du Québec et comment cette compréhension façonne-t-elle nos relations et nos identités? Les Canadiens de divers horizons, jeunes et moins jeunes, entretiennent-ils des perceptions différentes de l’histoire? À l’heure où le pays célèbre ses 150 ans d’existence, rejoignez Jocelyn Létourneau, professeur d’histoire à l’Université Laval et lauréat 2006 de la Fondation Pierre Elliott Trudeau et Andréanne LeBrun, doctorante en histoire à l’Université de Sherbrooke et boursière Trudeau 2015, pour discuter de la diversité des regards sur le passé et des défis et potentialités qu’ils comportent pour l’avenir.

Source.

Je me souviens ? Les jeunes scolarisés et le passé du Québec

L’article ci-joint (très court) vient de paraître dans la revue en ligne The Conversation:

https://theconversation.com/je-me-souviens-les-jeunes-scolarises-et-le-passe-du-quebec-66063

Il reprend certains constats, mais en les exprimant de manière plus directe et peut-être plus provocante, énoncés dans la conclusion du livre que je viens de publier avec Françoise Lantheaume (Le récit du commun. L’histoire nationale racontée par les élèves, Lyon, Presses de l’Université de Lyon, 2016).

La furie de M. Robitaille

Dans Le Devoir aujourd’hui, Antoine Robitaille signe un éditorial qui renvoie à un texte publié sur le site tonhistoireduquebec.ca en juin 2015. Revoici ce texte. Au lecteur de se faire une idée.

L’AVENIR DU QUÉBEC

ENTRE HISTOIRE ET PATRIOTISME

Jocelyn Létourneau

(juin 2015)

À l’occasion de la Fête des Patriotes (mai 2015), Pierre-Karl Péladeau déclarait sans ambages : «Si les Québécois connaissaient bien leur histoire, ils seraient indépendants». Il ajoutait : «Dieu sait si les commentateurs sont nombreux à nous reprocher de parler de notre histoire, de parler de la bataille des Plaines d’Abraham, de parler du Traité de Paris. Pourtant, c’est ce qui nous motive encore aujourd’hui à continuer à nous battre.»[1]

Dans un éditorial où il identifiait les défis à venir du nouveau chef du PQ, Antoine Robitaille affirmait de son côté, après avoir vanté l’«enracinement» de PKP et son amour de l’histoire, que pour faire croître le sentiment souverainiste au Québec, «M. Péladeau devra réussir à communiquer son patriotisme.»

L’une et l’autre position devrait inquiéter.

L’APPEL DE L’HISTOIRE

En prétendant que les Québécois ne connaissent pas leur histoire, PKP répète le poncif de la Coalition pour l’histoire et le truisme de son membre le plus influent, Éric Bédard, avec qui il entretient des liens serrés[2]. L’affirmation ne repose pourtant sur aucune étude sérieuse. Elle tient à l’idée que si une personne ne peut répondre à des questions triviales (ex. : «Qui fut le premier premier ministre du Québec ?»), elle est ignare sur le plan historique. Des dizaines de recherches effectuées à travers le monde ont pourtant montré que les jeunes, en matière de connaissances et de représentations historiques, étaient bien moins incultes qu’on ne le croyait… si tant est que l’on se donnait les moyens d’accéder à leur bagage de savoirs.

Ce que j’ai fait dans le cas des jeunes Québécois[3]. Pour découvrir que non seulement ces derniers n’étaient pas amnésiques, mais que les connaissances et représentations qu’ils possédaient étaient précisément – ô paradoxe ! – celles que MM. Péladeau et Bédard voulaient leur inculquer sans ménagement, que ce soit par le biais de L’histoire du Québec pour les Nuls[4], à travers le programme d’histoire en voie d’élaboration ou par des usages du passé aussi critiquables que ceux mis en avant par le gouvernement Harper.

Le défi de l’enseignement de l’histoire à l’école n’est pas de faire des jeunes des férus de l’indépendance nationale, mais, entre autres choses, de développer leur esprit critique par rapport à toute vision qui se donne pour évidente et qui vise à transformer les élèves en petits patriotes embrigadés dans quelque idée, dessein ou destin à tout prix.

L’APPEL AU PATRIOTISME

La question du patriotisme est celle qu’Antoine Robitaille, dans un dilettantisme surprenant, abordait dans un éditorial récent du Devoir [5]. Avançant (de nouveau) l’idée que les Québécois, les jeunes en particulier, sont en voie de déracinement et qu’ils se complaisent dans l’avenir, dans l’international et dans l’indifférence (mais où trouve-t-on des preuves de tout cela ailleurs que chez les essayistes aux idées surfaites ?), il pose une question de militant : «Comment prôner la souveraineté du Québec en cette époque oublieuse, en cette nation qui semble se désintéresser d’elle-même et de son État ?»

Sa réponse, qu’il suggère d’ailleurs à M. Péladeau, est la suivante : en affermissant le patriotisme des jeunes – par l’histoire peut-on penser, M. Robitaille ayant été un farouche partisan des idées prônées par la Coalition pour l’histoire[6] ; M. Robitaille ayant également, en marge de l’événement Le Moulin à parole, sur les plaines d’Abraham en septembre 2009, publié ces lignes qui secouent : «Samedi et dimanche [les 12 et 13 septembre 2009], une chose rare s’est fait voir : un public respectueux, attentif, presque studieux. C’est ce qu’on devrait prendre le temps de faire dans les écoles : lire des textes. Donner la parole à nos grands morts : ce sont les meilleurs professeurs. Un peuple qui ne connaît pas ses morts a du mal à vivre.»[7]

La convergence des idées de MM. Péladeau et Robitaille interpelle : est-on sur le point, au Québec, de revenir à une conception de l’histoire et de son enseignement qui visent à raviver le patriotisme des jeunes et leur amour des morts en vue de les amener, pour le dire comme l’ancien ministre Pierre Duchesne, qui voulait instaurer un cours d’histoire nationale obligatoire dans les cégeps, « à faire des choix porteurs pour la société québécoise ?»[8]

Si la réponse à cette question est Oui, l’horizon s’annonce brun.

[1] Des notes infrapaginales ont été ajoutées à la suite de la publication originale de ce billet. Philippe Teisceira-Lessard, «Le PQ doit parler d’histoire, dit Péladeau», Cyberpresse, 18 mai 2015.

[2] Vincent Marissal, «Le choc, la charge, la charte», La Presse, 31 mars 2014. Voir aussi Philippe Teisceira-Lessard, «Dons aux aspirants chefs du PQ : Quebec Inc. appuie Péladeau», La Presse, 6 mars 2015.

[3] Jocelyn Létourneau, Je me souviens ? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse, Montréal, Fides, 2014.

[4] Éric Bédard, L’histoire du Québec pour les Nuls, Paris, Éditions First, 2012.

[5] Antoine Robitaille, «Deux défis», Le Devoir, 19 mai 2015.

[6] Entre autre témoignages éloquents : Antoine Robitaille, «Programme d’histoire revus : occasion à saisir», Le Devoir, 4 septembre 2013 ; Id., «Enseignement de l’histoire : attaque injuste», Le Devoir, 4 décembre 2013.

[7] Antoine Robitaille, blogue «Mots et maux de la politique», Le Devoir, 14 septembre 2009.

[8] Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie [Pierre Duchesne], «Implantation d’un cours d’histoire du Québec contemporain au collégial», s.d. [vers septembre 2013], 2 pages.

Dans la revue de l’Association nationale des éditeurs de livres (septembre 2014)

« À contre-courant des idées reçues, le chercheur avançe qu’en plus d’être intéressés et de posséder une vision de l’histoire du Québec, ils ont des choses à en dire! »

À partir de Je me souviens? / Colloque « Histoire canadienne à la croisée des chemins »

La petite histoire du livre « Je me souviens? »

Chaque livre a son histoire. L’idée à l’origine de Je me souviens ? remonte à la fin des années 1980. Siégeant alors comme membre du jury du concours Lionel-Groulx, parrainé par l’Institut d’histoire de l’Amérique française, l’historien Jocelyn Létourneau constate que les jeunes, invités à produire un essai sur l’histoire du Québec contemporain, sont porteurs d’une représentation du passé largement structurée par la dichotomie «Grande noirceur/Révolution tranquille». Il cherche à comprendre pourquoi. À partir de ce moment, la question de l’imaginaire historique des jeunes s’impose à lui.

Père de 4 enfants, Jocelyn Létourneau n’a de cesse d’être impressionné par la curiosité et l’intelligence des jeunes. Il a pour son dire que l’on sous-estime allègrement leurs capacités réflexives. La question de la méconnaissance ou de l’indifférence des jeunes pour l’histoire du Québec est un débat qui fait rage dans la province durant les années 1990. Le diagnostic est dur : on parle d’une génération d’amnésiques, d’ados à la mémoire trouée et de jeunes sans ancrage historique.

Perplexe par rapport à de tels jugements, souvent fondés sur des enquêtes critiquables dans leurs tenants et aboutissants, Jocelyn Létourneau a l’idée d’interroger autrement les jeunes sur l’histoire du Québec. Il tire profit de ses cours à l’Université Laval pour surprendre ses étudiants par une question générale assez simple : «Racontez-moi l’histoire du Québec comme vous la connaissez», et par une question complémentaire tout aussi candide (en apparence!) : «Si vous aviez à résumer en une phrase ou une formule l’aventure historique québécoise, qu’écririez-vous personnellement?» Année après année, il amasse des récits et des phrases. Œuvrant à d’autres projets, il n’a guère le temps d’exploiter son extraordinaire corpus. Dans son esprit germent cependant un lot de problématiques, d’hypothèses et de concepts qu’il entend soumettre à l’épreuve des données recueillies.

Pour lire la suite…

Publications à paraître ou sous presse / Conférences à venir (2014-2015)

Dans le C.V. à jour :

Ouvrage collectif

Quand les élèves racontent l’histoire nationale en France et ailleurs, sous la dir. de Françoise Lantheaume et Jocelyn Létourneau, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2015. À paraître.

Contributions à des ouvrages collectifs

“La renationalisation de l’histoire québécoise. Récit d’une OPH (Opération Publique d’Histoire) de son initiation à sa dislocation”, dans Guy Zélis, dir., L’histoire publique. Enjeux, pratiques, impacts, Louvain-la-Neuve. À paraître.

Le passé dans l’esprit des élèves. Pour une pragmatique de l’enseignement de l’histoire”, dans Charles Heimberg, Bruno Védrines et Jérôme David, dir., Les mises en récit du passé. L’histoire à l’école, au musée, dans la littérature, Lausanne, Antipodes, 2014. À paraître.

Articles dans des revues savantes

Les mots de la nation. Au coeur du vocabulaire de base des Américains, Français, Anglais, Écossais, Gallois, Canadiens et Québécois lorsqu’ils parlent du passé de leur pays”. Soumis pour publication.

Le mur des représentations. Images emblématiques et inconfortables du passé québécois”. Soumis pour publication.

Autres articles

“Enseignement de l’histoire du Québec. Que faire ?”, Enjeux de l’univers social [Revue de l’AQEUS], à paraître, automne 2014.

Communications orales

“Take Youth Out of Mythistories: A Pragmatic Approach to Historical Education in Canada”, colloque “Dialogue Across Chasms : History and History Education in Canada”, Trent University, mai 2015.

Colloque “Remaking Confederation, Re-Imagining Canada”, Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard, novembre 2014.

Récit d’histoire et intégration nationale : le cas du Québec”, colloque “(Im)migrations, mémoires et identités transnationales”, Société royale du Canada, Québec, 20 novembre 2014.

Conscience politique et conscience historique chez les jeunes Québécois”, colloque de l’American Council for Quebec Studies, Montréal, octobre 2014.

Quelle histoire du Québec enseigner à l’école secondaire ?”, congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, Québec, octobre 2014.

Start from Memory to Get Over It. A Pragmatic Approach to Teaching History To Kids”, colloque “School vs Memory”, Prague, octobre 2014.

“Contemporary representations of the Past”, colloque “The Canadian History at the Crossroads”, Université d’Ottawa, septembre 2014.

Conférences publiques

“Les jeunes et l’histoire”, Collège Brébeuf, Montréal, février 2015.

“Postnationalisme et identité historique des nations à l’ère de la mondialisation”, Séminaire UNESCO, UQAM, Montréal, février 2015.